Certains décident de ne plus rien faire le 31 pour éviter le crash du 1er janvier. D’autres jurent qu’ils gèrent très bien, en taisant une grossesse, un blackout ou un écart de conduite. Et puis il y a ceux qui y vont quand même, parfaitement conscients que le lendemain sera brutal, vaseux mais qu'une bière viendra les sauver. Bonne année.
Musique de fond : Overnight, Parcels
Deux semaines que la fête a commencé, parfois plus, et l’agenda ressemble à un feu d’artifice d’excès qui finiront forcément par se payer. La phrase “voyons, on n’est plus à ça près” revient souvent. Elle agit comme un petit sésame collectif : pour une fois, une grande partie de mon entourage trentenaire est concernée. À l’exception notable des parents pris dans la logistique, des fêtes hors périmètre Uber ou de ceux qui ont tout simplement rompu avec l’alcool, les autres y vont. Souvent jusqu’au verre de trop. Celui qu’on s’autorise parce que c’est le soir où l’on peut.
Pour ma part, rien de dramatique au réveil. Juste ce rappel discret que le corps a bien avancé : newsletter absente, coma cognitif quarante-huit heures, jambes en l’air pour une prescription purement veineuse.
Et il y a quelque chose de plus large derrière tout ça. Les études récentes montrent que la génération la plus jeune boit moins que les précédentes : selon le magazine américainTime en 2025, le pourcentage d’adultes de moins de 35 ans qui déclarent avoir bu a chuté d’environ 72 % à 62 % sur deux décennies, et les jeunes sont nettement plus susceptibles de percevoir l’alcool comme risqué pour la santé. Affirmatif, ce n’est pas que l’alcool ait disparu des soirées, loin de là, mais la manière de le consommer, ou de s’en abstenir, s’est transformée.
Au fond, un vice n’en est un que lorsqu’on peine à le maîtriser ou lorsqu’on commence à se faire peur avec.
Certains s’endorment avec un Xanax. D’autres vous feront la morale parce que vous buvez un verre de vin un jeudi en bonne compagnie, puis traceront une ligne le samedi avec une femme qui n’est pas la leur. Et si vous pensez qu’un Tramadol pour perdre un peu de poids, ou qu’un ecstasy pour se sentir plus créatif à un concert, vaut mieux qu’un Pouilly-Fumé bien entouré… alors, c’est votre affaire. Chez nous, on s’épargne les commentaires.
Pour le reste, inutile d’éviter tous les excès ou de viser une perfection épuisante. L’idée est plutôt de viser juste. Faire attention en semaine, se concentrer sur sa forme, son énergie, son rythme et s’autoriser quand c’est le moment. Sans listes de résolutions ingérables, sans promesses qu’on sait déjà qu’on ne tiendra pas.
Alors on remplace, quand on peut, ces heures de coups perdus par des coups gagnés : au padel, sous la couette, ou bientôt dans la neige que vous toucherez avec vos bâtons. On apprend surtout à mieux choisir ses excès.
P.A (Plaisirs assumés) : Une balade dans les bois & une énorme bouteille de Gimber