Parce que la vie n’est pas toujours bleue comme le ciel, et que le deuil n’a rien de propre ni de digne. On pleure, on fatigue, on encaisse, et puis sans prévenir, un fou rire débarque. Pas parce que c’est drôle, mais parce que le corps lâche. C’est mal placé, souvent gênant, parfois honteux, mais c’est là.
Non, ce n’est pas un séjour réservé aux potes de Zaz ni à des sorcières en lin écru. La retraite version 2026 se vit entre sport, ateliers et soins bien-être. Une nouvelle génération de retraites s’invente : plus lucide, plus joyeuse, pensée pour une génération qui choisit enfin de se retrouver. Et parfois, d’y retourner.
Certains décident de ne plus rien faire le 31 pour éviter le crash du 1er janvier. D’autres jurent qu’ils gèrent très bien, en taisant une grossesse, un blackout ou un écart de conduite. Et puis il y a ceux qui y vont quand même, parfaitement conscients que le lendemain sera brutal, vaseux mais qu'une bière viendra les sauver. Bonne année.
Le sapin est dans le salon depuis novembre, tradition familiale oblige. Comme un bocal à pièces pour les gros mots, l’arbre de Noël semble veiller sur notre capacité à être gentil, avec nous-même comme avec notre prochain. Le tout, arrosé d’une bonne dose de nostalgie, aussi réconfortante que dangereuse.
Il ne se souvient pas des Bleus en 1998 car bébé ou pas né, il fait partie de ces dérapages que l’on croyait impossibles. Quinze années de moins au compteur que celui qu’on vient de quitter, et zéro intention de vous demander si vous prendrez un dessert : il compte bien être le vôtre, et ne voit pas l’intérêt d’une touche sucrée au restaurant.
Rester jeune...une obsession qui suit notre génération, celle qui a tout commencé plus tard. À mesure que les innovations esthétiques se multiplient, les trentenaires deviennent les cobayes les plus volontaires de l’époque. Botox, acide, implants capillaires : jusqu’où ira notre curiosité ?
J’ai toujours eu du mal avec ce qui se finit, même quand je n’en ai plus envie. Je ne sais pas rompre, ou plutôt je n’aime pas ça, et j’esquive souvent cette situation inconfortable dans mes sphères pro comme perso. Sauf que laisser couler n’a jamais aidé, et me voilà désormais décidée à (oui, parfois) rejoindre le clan des bourreaux.
Une étude venue de Cambridge parle à ma place : 32 ans, la fin de l’adolescence. Quelques années passent et je me regarde, l’air dépité. En effet, le nombre de cadeaux de Noël est divisé par huit, les personnes à table aussi, et ceux à qui on excuse tout à table mangent les mêmes petits poissons panés que moi le mercredi midi. Que s’est-il passé ?
Au lieu de pleurer parce que mes enfants refusent les brocolis, je mâchouille une sucette au miel, affalée dans un togo inconfortable. Ordinateur sur le ventre, pyjama tartan, je scrolle les promos de mes prochaines courses et j’envoie un « no go » à une copine proposant un verre de vin un jeudi soir. C’est tout. Rien d’héroïque. Juste novembre.
"Non mais là on s’apprête à finir un cycle, et à débuter une nouvelle ère de notre vie" commente Valentine pendant que je potasse mon horoscope sans grande conviction. Je lève les yeux au ciel, puis à droite, signe que je réfléchis pour de vrai. Neuf ans putain, ça dure neuf ans.
Il y a ceux qui vivent avec, et ceux qui subissent à cause d’elles. Les vacances scolaires : ce calendrier parallèle qui régit nos vies, nos prix, nos humeurs, même quand on n’a jamais touché un cartable.
On la croise quelques fois. Elle rit un peu trop fort, réussit un peu trop bien, attire un peu trop l’attention. Elle agace, sans même le vouloir. Pas parce qu’elle est méchante, non mais parce qu’elle renvoie à ce qu’on n’assume pas encore chez nous. Cette fille qu’on n’aime pas, c’est souvent celle qu’on aimerait être un peu plus.
Sur le point de sortir de ma voiture pour hurler sur des livreurs, je fixe l’horloge du tableau de bord en serrant les dents. Mon visage, émacié par la tension matinale malgré mes pommettes d’enfant bien nourrie, trahit une frustration dont je suis la seule responsable : je vais (encore) être en retard.
Attachée aux amitiés durables, j’ai rencontré mes indispensables une à une, entre l’école primaire et mon premier job. Moi qui croyais avoir perdu la foi de socialiser avec d’autres amazones, je réalise à 35 ans que l’énergie de nouvelles femmes dans ma vie est un véritable moteur. Qui l'aurait cru il y a encore deux étés ?